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Tableau du chlore actif : où en est votre piscine ?

Les premiers beaux jours arrivent et votre piscine sort tout juste de l’hiver. L’eau a l’air correcte, mais vous ne savez plus quoi croire.

Un tableau de chlore actif vous aide à lire vos mesures et à voir si le chlore fait vraiment son travail.

Tableau chlore actif : lire le bon chiffre selon votre pH

On a tous connu ça : le chlore libre affiche un bon chiffre, et pourtant l’eau manque de mordant. Le coupable se cache souvent dans le pH. Le chlore actif, c’est la part du chlore libre qui désinfecte vraiment, surtout l’acide hypochloreux, aussi appelé HOCl.

Mesurez d’abord le chlore libre en mg/L, puis le pH. Repérez la ligne du pH dans le tableau du chlore actif, puis la colonne du chlore libre. La case où les deux se rejoignent vous donne le chlore actif.

pH 0,5 mg/L de chlore libre 1 mg/L 1,5 mg/L 2 mg/L
6,9 0,40 0,80 1,20 1,60
7,0 0,38 0,76 1,14 1,52
7,1 0,36 0,72 1,08 1,44
7,2 0,33 0,67 1,00 1,34
7,3 0,31 0,62 0,92 1,23
7,4 0,28 0,56 0,84 1,12
7,5 0,25 0,50 0,75 1,01
7,6 0,22 0,45 0,67 0,89
7,7 0,20 0,39 0,59 0,78

Prenons un exemple : avec 1 mg/L de chlore libre et un pH de 7,2, vous obtenez environ 0,67 mg/L de chlore actif. À pH 7,6, avec la même mesure, il ne reste qu’environ 0,45 mg/L. Même bassin, même chlore, efficacité en baisse.

Le tableau travaille en milligrammes par litre, notés mg/L. Dans l’eau, cela correspond pratiquement aux ppm. Les abaques arrondissent au centième ou au dixième : inutile de chercher le millième.

Retenez le principe : plus le pH monte, moins le chlore travaille. À 25 °C, la part active passe d’environ 80 % à pH 6,9 à environ 39 % à pH 7,7.

Attention : ce calcul ne vaut que si l’acide isocyanurique, le stabilisant de votre eau, reste sous le seuil retenu pour le chlore actif. Au-delà, oubliez ce tableau et suivez le chlore disponible.

Le stabilisant change les règles du jeu

Le stabilisant protège votre chlore des UV, et c’est précieux si votre piscine est bien exposée au soleil, surtout avec des galets stabilisés. Le hic ? Il s’accumule, parce qu’il ne disparaît pas au même rythme que le chlore.

En piscine collective, le chlore actif se calcule à partir du pH et du chlore libre si le stabilisant reste sous 15 mg/L. Au-delà, on suit le chlore disponible.

Pour mesurer le chlore disponible, utilisez le réactif DPD1, celui de votre trousse ou de votre photomètre. En présence d’un stabilisant à une concentration supérieure ou égale à 15 mg/L, le chlore disponible doit être compris entre 2 et 5 mg/L : le seuil minimal de 2 mg/L est réglementaire, tandis que la plage jusqu’à 5 mg/L correspond à la limite supérieure de qualité.

À partir de 15 mg/L de stabilisant dans un bassin collectif, le suivi bascule vers le chlore disponible ; la réglementation fixe alors une concentration maximale d’acide isocyanurique à 75 mg/L. Pour les piscines privées à usage familial, une concentration de 30 à 50 mg/L est souvent citée comme zone cible. Au-dessus de 15 mg/L, le traitement perd en efficacité : il faut alors renouveler une partie de l’eau.

Pour le mesurer, c’est simple en trois temps :

  1. Prélevez l’eau selon le volume indiqué par votre kit.
  2. Ajoutez le réactif « acide cyanurique ».
  3. Lisez le résultat en mg/L.

Faites ce contrôle régulièrement, surtout si vous utilisez des galets. Chaque ajout peut faire grimper le taux sans que vous le voyiez venir.

La température décide du bon abaque

Un tableau prévu pour 25 °C ne convient pas à une eau à 30 °C en plein mois de juillet : les résultats seraient faussés. Il existe des abaques pour plusieurs températures, parce que l’équilibre entre les formes du chlore bouge avec la chaleur.

Prenez la température directement dans le bassin, en même temps que le pH et le chlore. L’eau peut gagner plusieurs degrés entre le matin et l’après-midi. Sous une bâche à bulles en plein soleil, c’est encore pire.

Si votre température tombe entre deux abaques, ne mélangez pas les colonnes. Prenez l’abaque le plus proche. Notez l’écart dans votre carnet de suivi, ou utilisez un outil qui tient compte de la température réelle.

Les seuils officiels visent surtout le collectif

Les valeurs réglementaires françaises concernent les piscines publiques et privées à usage collectif :

  • Chlore actif sans acide isocyanurique : 0,4 à 1,4 mg/L
  • Chlore disponible avec stabilisant : au moins 2 mg/L (une concentration supérieure à 5 mg/L est considérée comme excessive dans les recommandations sanitaires)

La plage réglementaire du pH va de 6,9 à 7,7 pour les bassins traités au chlore. Pour un chlore efficace avec une eau agréable, les recommandations sanitaires visent plutôt une zone resserrée, autour de 7 à 7,3.

Votre traitement détermine ce que vous lisez dans le tableau :

  • Traitement non stabilisé : visez une quantité de chlore actif.
  • Traitement stabilisé : suivez le chlore disponible et le taux d’acide cyanurique.

Des mesures fiables rendent le tableau juste

Le tableau ne devine rien. Il transforme vos mesures en chlore actif. Un prélèvement bâclé donne donc un résultat bâclé.

Pour des résultats propres, suivez cet ordre :

  1. Prélevez l’eau à quelques centimètres sous la surface, loin d’un baigneur et si possible près de la reprise d’eau.
  2. Mesurez vite le chlore avec le réactif DPD1.
  3. Mesurez le pH sans attendre, car la couleur peut évoluer après le prélèvement.

Le chlore se découpe en trois mesures, à ne pas confondre :

  • Chlore libre : la forme active et la forme potentielle.
  • Chlore combiné : surtout les chloramines, formées quand le chlore réagit avec ce qu’apportent les baigneurs.
  • Chlore total : la somme des deux précédents.

Les bandelettes donnent une tendance rapide. Mais leur lecture dépend de la lumière, du temps d’attente et de la conservation. Un comparateur colorimétrique ou un photomètre est plus précis. Gardez simplement la cuve propre et suivez la notice.

En collectif, les paramètres principaux se contrôlent au moins une fois par jour, souvent deux selon l’établissement. À la maison, mesurez :

  • avant une grosse journée de baignade ;
  • après une vague de chaleur ;
  • après de fortes pluies ;
  • dès que l’eau change d’aspect.

Si le chlore actif est trop bas, vérifiez d’abord le pH. Regardez ensuite le stabilisant, la température et la date de péremption de votre produit.

Si le taux de chlore disponible est trop haut, stoppez les ajouts et gardez les baigneurs hors de l’eau. Laissez-le redescendre ou, selon la situation, renouvelez une partie de l’eau.

Une fois le tableau en tête, vous savez mieux lire les résultats. Un contrôle au bon moment, et votre piscine reste nickel toute la saison !

Pour bien utiliser ce tableau, vérifiez si votre eau contient du stabilisant, car c’est lui qui décide de la colonne à retenir. Notez ensuite chaque résultat dans un carnet de suivi : au fil des semaines, la tendance saute aux yeux.

Foire aux questions

Le tableau du chlore actif convient-il à une piscine au sel ?

Oui, si votre électrolyseur produit bien du chlore et que le stabilisant de votre eau reste sous 15 mg/L. Au-delà, suivez le chlore disponible.

Mesurez l’acide cyanurique avant de choisir entre le tableau du chlore actif et le suivi du chlore disponible.

Le tableau du chlore actif s’applique-t-il à une piscine au brome ?

Non. Ce tableau ne concerne que le chlore, et le brome a ses propres repères de mesure.

Une eau au brome ne se lit pas avec un abaque de chlore actif, même si le pH est le même.

Faut-il refaire le calcul après avoir corrigé le pH ?

Oui. Attendez que le produit soit bien réparti dans l’eau, puis mesurez à nouveau le pH et le chlore libre.

Un changement de pH modifie la part de chlore actif, même si vous n’avez ajouté aucun chlore.

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